Q et R en compagnie de Martha Durdin, nouvelle présidente du CAO 
1 – Que croyez-vous pouvoir apporter au Conseil des arts de l’Ontario en tant que présidente ?
Tout d’abord, mon expérience du monde des affaires. Ensuite, ma connaissance des enjeux auxquels les artistes doivent faire face, connaissance acquise en observant l’expérience de mon frère aîné, qui est artiste visuel. Le besoin de créer est une puissante force motrice. Nous devons veiller à ce que ceux qui, par leur talent et leur vision, peuvent contribuer au patrimoine artistique de la province reçoivent l'appui approprié. Si, en tant que présidente, je peux faire quelque chose pour que cela se concrétise, j'estime que j'aurai fait contribution utile.
2 – Pourquoi est-il important d’avoir en Ontario un conseil des arts ?
Un conseil des arts doté d’un mandat provincial est indispensable pour notre infrastructure culturelle. Il favorise l'épanouissement de ceux qui ont le courage d'opter pour une carrière dans les arts et le développement des organismes qui les appuient.
Le Conseil des arts de l’Ontario veille à ce que les programmes de subvention financés par le gouvernement répondent aux besoins du milieu artistique et soient dirigés par des professionnels des arts chevronnés. Il veille aussi à ce que le milieu des arts participe au processus d'octroi des subventions par l'entremise de jurés et de conseillers.
Enfin, le conseil d'administration de ce conseil des arts – composé de bénévoles du grand public – veille à faire respecter la transparence du processus de subvention et l'obligation d'en rendre compte.
3 – Comment envisagez-vous l'avenir du Conseil des arts de l’Ontario ?
Les projections de Statistique Canada nous ont appris que, dans dix ans, la population de l’Ontario comptera 32 % de personnes appartenant à une minorité visible et que, à Toronto et dans la région environnante, ce chiffre atteindra 55 %. Il est par conséquent essentiel que les programmes du Conseil des arts de l’Ontario soient accessibles, que ces programmes finançent des activités artistiques reflétant la plus grande partie de la population et que les artistes puissent exercer leur profession dans toutes les collectivités ontariennes où ils résident.
Par exemple, le nombre de francophones des diverses communautés culturelles ne fait qu’augmenter, et nous nous assurerons d'offrir des programmes qui répondent aux besoins de tous les francophones. Nous avons récemment lancé un nouveau programme – Accès et évolution professionnelle – destiné aux professionnels des arts de couleur et aux professionnels des arts autochtones qui se heurtent à des obstacles systémiques dans leur parcours artistique.
L’éducation artistique, quant à elle, occupe une place centrale dans notre plan stratégique. Nous espérons voir dans quelques années un artiste en résidence dans chaque conseil scolaire de la province. Et j'espère que, dans dix ans, le Conseil des arts de l’Ontario aura contribué de façon considérable à l’éducation artistique qui sera dispensée dans les écoles ontariennes.
4 – Quel est actuellement le problème le plus urgent du milieu des arts ?
Les organismes artistiques doivent faire face à de nouveaux défis. Jamais auparavant les gens n’ont eu un si grand nombre de choix pour occuper leurs loisirs et dépenser leur revenu disponible. Les organismes doivent donc faire un supplément d'efforts pour atteindre leurs auditoires. Nous étudierons pendant l’exercice financier en cours les moyens d'aider les organismes artistiques à surmonter ce défi particulier. En attendant, nous nous sommes engagés à verser aux organismes artistiques admissibles des subventions de fonctionnement pluriannuelles à partir de l’exercice 2007-2008.
S’il est vrai qu’au cours de la dernière décennie les organismes artistiques sont devenus beaucoup plus habiles à trouver de nouvelles sources de financement, ils consacrent toujours le plus gros de leur énergie à leur survie financière. Nous savons pertinemment que le milieu des arts a besoin d’un investissement financier considérable pour réaliser son plein potentiel de croissance. C’est pourquoi nous avons récemment préparé à l’intention du gouvernement provincial une analyse de rentabilité pour demander une augmentation considérable de notre enveloppe budgétaire.
Les arts contribuent dans une très grande mesure à la cohésion de la société. Tout semble indiquer qu’ils contribuent aussi à la créativité des communautés et au dynamisme de l'économie : chaque dollar investi par le gouvernement provincial dans les subventions de fonctionnement accordées par le CAO a une rentabilité de 20 à 1.
5 – Qu'espérez-vous que vos collègues du conseil d'administration apporteront aux activités courantes du Conseil des arts de l’Ontario?
Mes collègues du conseil d'administration représentent des communautés géographiques et culturelles de la province entière. C’est avec empressement qu’ils représentent le Conseil des arts de l’Ontario quand ils se trouvent chez eux et qu’ils font part de la perspective locale lors des délibérations du conseil.
Le milieu artistique de la province est vibrant et en constante évolution. C’est à nous de veiller à ce que le Conseil des arts de l’Ontario fasse preuve lui aussi de dynamisme et reste au diapason. C’est à nous aussi qu’incombe la responsabilité de favoriser les activités dans les petites collectivités et pas seulement dans les grands centres urbains.