Lawren Harris : de la représentation à l’abstraction
Les 400 000 visiteurs qui déferlent chaque été sur Stratford savent ce qu’ils veulent : le Groupe des Sept. Et la Galerie Stratford a décidé d'assouvir leur faim.
J'ai choisi Lawren Harris parce qu’il était le seul à avoir progressé avec les
mouvements artistiques qui l'entouraient. Le choix des tableaux pour l'exposition intitulée Lawren Harris: from Landscape into Abstraction permettait de voir clairement l’évolution de Harris, qui, après avoir peint ses paysages emblématiques, passe à des tableaux abstraits moins connus.
Ses œuvres des années 1920 aux années 1960 marquent un tournant décisif dans l'histoire de l’art au Canada. Les paysages de Harris sont stylisés au point où il ne lui reste qu’un pas à franchir pour en arriver à l'abstraction. Le tableau Lake Superior a été spécifiquement inclus dans l'exposition parce qu’il s’agissait d’un don de la famille Strudley, de Stratford, au Musée des beaux-arts de l’Ontario (MBAO).
Les Strudley étaient les concepteurs des premiers meubles canadiens modernes et de sérieux collectionneurs d'art. Il était important d’exposer à Stratford cette œuvre qui ornait un des murs de leur demeure moderniste.
Pour que le MBAO consente à nous prêter ces œuvres de grande valeur, nous devions entre autres nous engager à en assurer la surveillance permanente. La Galerie Stratford a ainsi lancé une campagne de sensibilisation qui invitait ses membres et le grand public à « venir tenir compagnie à Lawren Harris ».
Chaque jour, pendant trois mois, plus d’une centaine de bénévoles ont veillé sur ces œuvres par postes de trois heures et ont par la suite continué à faire régulièrement du bénévolat pour la galerie.
En montant l'exposition Lawren Harris, la galerie a fait vibrer le cœur de la communauté aussi bien que celui des visiteurs.
Jennifer Rudder
Directrice générale
Galerie Stratford
Photo : La Galerie Stratford en été. (Photo : Caryn Scott)