Qu’est-ce que l’effet d’écho?

C’est bien connu : les activités artistiques peuvent être amusantes, inspirantes, stimulantes et révélateurs. Ce qui est peut-être moins connu, ce sont les incroyables effets d’écho qui résultent du travail des artistes professionnels et des organismes artistiques de l’Ontario. Entre autres :

  • Générer des avantages économiques – par exemple, financer de nouvelles œuvres qui ont un rendement important sur notre investissement initial.
  • Attirer les touristes – et les recherches montrent que les touristes qui viennent spécialement pour fréquenter la scène artistique dynamique de l’Ontario restent plus longtemps et dépensent plus que d’autres touristes.
  • Créer des emplois aujourd’hui – pas seulement dans le secteur des arts, mais aussi dans d’autres secteurs qui bénéficient des activités artistiques.
  • Former la relève pour les emplois de demain – c’est-à-dire donner aux jeunes l’occasion d’acquérir des compétences essentielles et de lancer leur carrière.
  • Offrir des espaces sûrs et enrichissants aux personnes vulnérables et marginalisées pour qu’elles se sentent valorisées, incluses et capables d’atteindre leurs objectifs.
  • Vous donner l’occasion de raconter votre propre histoire – parce que votre histoire et vos expériences personnelles comptent, que vous soyez un résident d’une région rurale de l’Ontario, un nouvel immigrant qui vit dans la banlieue de Toronto ou un gardien du savoir autochtone.
Des acteurs jouent dans un champ la pièce Fair Play, produite par 4th Line Theatre.

Quand le Conseil des arts de l’Ontario (CAO) investit des fonds publics dans le travail des artistes et des organismes artistiques, il investit également dans les retombées de ce travail sur les Ontariens de la province entière.

Nous investissons dans les arts parc qu’ils sont essentiels pour la société. Mais nous investissons aussi parce que les arts sont une valeur ajoutée.

Il ne faut cependant pas nous croire sur parole. Écoutez directement ce que disent les artistes et les organismes artistiques subventionnés par le CAO au sujet des effets d’écho de leur travail. De nouvelles histoires sont publiées toutes les quelques semaines.

N’hésitez pas à nous faire part des effets d’écho des activités artistiques de votre communauté. Trouvez-nous sur Facebook et Twitter et n’oubliez pas d’utiliser le mot-clic #Lapportdelart dans votre message.

Reproduction autorisée par 4th Line Theatre


Article mis en avant

Le projet Remix : aider les jeunes à faire carrière dans la création artistique

Ces dix dernières années, Toronto s’est fait connaître de plus en plus comme un vivier de talents de l’industrie musicale. Si, pour la plupart, nous connaissons les artistes qui dominent les ondes et les palmarès, la nouvelle génération de producteurs, entrepreneurs et autres créateurs est moins bien connue. Ces derniers, qui jouent un rôle prépondérant en coulisse, révolutionnent et soutiennent le secteur.

« C’est évident qu’il y a énormément de talents en Ontario, à Toronto, affirme Annalie Bonda, directrice générale du projet Remix – un programme torontois de formation en arts destiné aux jeunes qui ont un talent prometteur mais sont mal desservis. Il s’agit pour tout le monde de travailler ensemble pour donner un coup de pouce à ces talents, les voir reconnus à l’échelle internationale et constater le retentissement de leur réussite. »

Et c’est exactement ce que fait le projet Remix. En créant un environnement dans lequel tout le monde s’épaule, les responsables du projet contribuent à l’égalité des chances, ouvrent des portes et autonomisent les participants à la fois sur le plan communautaire et professionnel.

« Il y a tant de choses incroyables qui peuvent en découler »

Créé en 2006, le projet Remix est un programme de formation destiné aux jeunes de 16 à 24 ans qui cherchent à faire carrière dans des disciplines artistiques – musique, graphisme, photographie et vidéographie. Il est spécialement conçu pour les jeunes qui se sont déjà beaucoup investis dans leur domaine, mais qui, pour différentes raisons, n’ont pas accès aux ressources, à la formation ou aux réseaux officiels qui les aideraient à passer à l’étape suivante de leur carrière. Il s’agit d’aider ces créateurs émergents à réussir, tout en développant une main-d’œuvre plus diversifiée dans les industries culturelles et créatives de l’Ontario.

Il faut noter que les programmes de formation de Remix sont entièrement gratuits. Et Annalie d’expliquer : « Lorsque vous égalisez les chances en supprimant les obstacles financiers ou en donnant accès aux ressources, que vous mettez ça à la disposition des jeunes et laissez leur talent s’épanouir, il y a tant de choses incroyables qui peuvent en découler. »

Comme le projet Remix ne facture pas de droits de scolarité, il dépend principalement du financement public pour ses activités courantes. « Le Conseil des arts de l’Ontario croit en ce que nous faisons en tant que communauté et pense que nous pouvons aider ces jeunes et ces artistes à progresser, ajoute Annalie. Nous ne pourrions pas faire ce genre de travail sans ce genre de financement qui nous vient du CAO. »

Le saviez-vous? 78 % de Canadiens estiment que les arts aident les enfants défavorisés à réussir.

Source : Justifier le soutien des entreprises pour les arts, étude du Strategic Counsel commandée par Les affaires pour les arts, février 2015.

Donner le ton de la réussite

Les jeunes qui sont acceptés dans ce programme de neuf mois se concentrent sur une des trois filières : éducation, emploi, entrepreneuriat. Une cérémonie de remise des diplômes vient clore le programme et sert également de vitrine pour montrer le talent des finissants aux intervenants du secteur – maisons de disques, entreprises partenaires, employeurs potentiels.

Le programme de formation de Remix est conçu de manière à assurer non seulement une formation technique, mais aussi un mentorat individuel et le développement de compétences de vie, le tout dans un environnement communautaire solidaire. C’est précisément cette combinaison que les participants apprécient tant.

« Chaque jour, des jeunes me disent à quel point leur vie a changé grâce au projet Remix autant qu’à la communauté elle-même, poursuit Annalie. Me disent qu’ils ont pu franchir des portes qui leur seraient fermées s’ils n’avaient pas fait partie de ce réseau, de cette industrie, sans le soutien qu’ils ont reçu. Et le fait d’avoir pu ouvrir certaines de ces portes, repousser ces plafonds de verre, ouvrir les yeux et élargir leur vision, permettre à leur art de vivre, c’est quelque chose qui fera toujours avancer cet organisme. »

Un étudiant lève la main dans une classe de participants au projet Remix.

Ça a commencé ici, on nous connaît maintenant ailleurs

Ces jours-ci, le projet Remix ne se contente pas de progresser – il tourne à plein régime et attire l’attention du monde entier. Il reçoit des demandes de pays aussi éloignés que le Royaume-Uni, l’Australie et différents pays d’Asie. « C’est en partie parce que nos anciens élèves continuent à promouvoir le travail que nous faisons », souligne Annalie.

Et bien sûr, un grand nombre d’anciens élèves de Remix font des progrès à l’échelle internationale et renforcent la réputation du Canada dans le domaine des arts. Ces diplômés vedettes comprennent l’auteure-compositrice-interprète Jessie Reyez, lauréate d’un prix Juno, et Matthew Romeo, un DJ accompli qui se produit avec des artistes aussi célèbres que Wyclef Jean.

Le saviez-vous? Les arts et la culture jouent un rôle important dans la construction de l’identité ontarienne et de sa réputation internationale de créativité, d’innovation et d’excellence.

La stabilité pour aborder les prochaines étapes

En fin de compte, l’objectif de Remix n’est pas de créer des vedettes, mais d’investir dans les artistes comme êtres humains et futurs dirigeants. « C’est une chose que de reconnaître le succès commercial, et c’en est une autre que de reconnaître la réussite de ceux qui reviennent pour contribuer à leur communauté; c’est ça qui est vraiment important », signale Annalie.

« Un grand nombre de nos diplômés continuent à nous dire que le projet Remix a changé leur vie, et qu’il a changé leur vie non seulement pour eux personnellement, mais aussi pour leur communauté, poursuit-elle. Je pense que cela résonnera toujours pour moi et pour tout le monde à Remix – que non seulement nous changeons la vie et avons un impact sur un individu, mais que nous changeons la communauté qui l’entoure. »

Avec le soutien du Conseil des arts de l’Ontario, Remix espère s’épanouir pour les années à venir. « Ce que le Conseil des arts de l’Ontario est parvenu à apporter à Remix, c’est la stabilité, la durabilité et la confiance dans le travail que nous faisons, dit encore Annalie. Cela se trouve au cœur même de l’action de Remix et nous signale que nous pouvons envisager les prochaines étapes. »

Assis par terre, les participants au projet Remix travaillent sur des ordinateurs portatifs.

Toutes les photos sont reproduites avec l’autorisation du projet Remix.

Workman Arts : Lutter contre les obstacles et la stigmatisation auxquels sont confrontés les artistes ayant des problèmes de santé mentale et de dépendance

Certains des artistes les plus célèbres de l’histoire – qu’ils soient musiciens, écrivains, peintres ou comédiens – sont connus pour avoir eu des problèmes de santé mentale et de dépendance. Ce qu’on oublie souvent, c’est que les artistes atteints de ces problèmes peuvent s’épanouir sur le plan créatif et personnel lorsqu’ils ont accès aux systèmes de soutien et aux moyens appropriés.

C’est là qu’intervient Workman Arts. Depuis plus de 30 ans, cet organisme donne aux personnes qui ont des problèmes de santé mentale et de dépendance la possibilité de surmonter leurs difficultés en leur offrant un refuge où elles peuvent explorer leur créativité et trouver leur place dans une communauté artistique dynamique. Grâce à ses trois décennies d’expérience, l’organisme sait de première main à quel point ces deux éléments jouent un rôle essentiel dans le rétablissement et le maintien de la santé.

Réduire l’isolement, créer une communauté

L’histoire de Workman Arts commence en 1987, lorsque Lisa Brown – une infirmière psychiatrique au Centre de toxicomanie et de santé mentale (CAMH) de Toronto – fait une observation déterminante : elle constate que les patients en traitement psychiatrique se sentent souvent piégés et s’ennuient, ce qui ne fait qu’exacerber leurs difficultés et ralentir leur rétablissement. Lisa a eu l’idée de faire participer les patients à une pièce de théâtre et a choisi cette forme d’art parce qu’elle permet plusieurs possibilités de participation (à titre d’acteur, d’écrivain, de décorateur ou de danseur, p. ex.).

Le premier spectacle a remporté du succès – et ce qui a commencé comme une production de huit artistes a continué à prendre de l’ampleur. En 1991, Lisa a officiellement créé Workman Arts en tant qu’organisme indépendant dont l’objectif consiste à intégrer dans le milieu du théâtre professionnel les personnes qui bénéficient de services de santé mentale. Et à partir de là, les activités de Workman Arts se sont étendues à d’autres formes d’art.

Aujourd’hui, Workman Arts compte 425 membres (notamment des musiciens, des cinéastes et des artistes visuels) qui ont accès à des studios, à de l’équipement et à des matériaux ainsi qu’à la possibilité de présenter leur travail en public.

Mais ce qui est peut-être le plus important, c’est que les membres de l’organisme font partie d’un milieu artistique qui les soutient et les encourage. « La réduction de l’isolement social est un facteur clé en matière de santé mentale, souligne Kelly Straughan, la directrice générale de Workman Arts. Un endroit comme Workman Arts devient ainsi un élément important dans le rétablissement et le maintien de la santé mentale. »

Un groupe d’improvisateurs posent pour une photo.

Le saviez-vous? 92 % des Ontariens considèrent que l’exposition aux arts et à la culture est importante pour le bien-être individuel.

Source : Les arts et le patrimoine : sondage sur l’accès et la disponibilité 2016-2017, Groupe de recherche Environics, mars 2017.

« Quelq’un qui avait des problèmes de santé mentale ou de dépendance n’avait pas toujours accès à ces possibilités. »

Les cours de formation constituent le fondement de l’organisme et, chez Workman Arts, ils permettent de faire tomber les barrières. « Dans le passé, la définition d’un artiste professionnel était très rigide, précise Kelly. Il fallait faire des études, apprendre le métier et avoir une certaine expérience du monde professionnel. Quelqu’un qui avait des problèmes de santé mentale ou de dépendance n’avait pas toujours accès à ces possibilités– même s’il s’agissait de quelqu’un de très investi dans sa pratique. »

Les cours de formation peuvent servir de tremplin pour une carrière, surtout si les participants n’avaient pas toujours été soutenus ou encouragés auparavant dans leur démarche artistique. Ils peuvent également leur donner plus de confiance et leur permettre ensuite de faire à leur tour quelque chose pour les autres.

Et Kelly d’ajouter : « Ce que nous essayons entre autres ici, c’est d’avoir des formateurs capables de s’identifier à ce vécu. Plusieurs d’entre eux sont d’ailleurs issus de nos programmes de formation – ils commencent par suivre les cours, ensuite ils les enseignent eux-mêmes, et après ils deviennent des leaders dans le milieu. »

Ce type de progression profite autant aux personnes elles-mêmes qu’à la collectivité. « Peut-être qu’à un moment donné, elles n’auraient pas été capables de penser qu’elles enseigneraient un jour ou qu’elles se définiraient comme professionnelles, poursuit Kelly, mais au fil des ans, elles se disent : “Oui, vous savez quoi? J’ai quelque chose à partager.” Et quand on voit ce changement se produire, ça fait vraiment plaisir. » 

Une femme s’affaire à sculpter un buste sous les regards de plusieurs témoins.

Faire de la pratique des artistes handicapés une priorité

Le Conseil des arts de l’Ontario (CAO) subventionne Workman Arts depuis 1993. « Le CAO a été d’une très grande aide et l’un de nos meilleurs soutiens, affirme Kelly. Sans le CAO, je ne sais pas où nous en serions. Notre organisme serait certainement beaucoup plus petit et moins actif. »

Avec le soutien du CAO et d’autres bailleurs de fonds publics, Workman Arts a été un chef de file qui a contribué à faire valoir les pratiques des artistes handicapés comme un domaine reconnu. Et depuis 2014, les artistes handicapés (c.-à-d. ceux qui ont des problèmes physiques, mentaux et d’apprentissage) sont devenus l’un des six groupes prioritaires du CAO. Le CAO offre désormais une série de programmes et d’aide à l’accessibilité pour les artistes sourds et les artistes handicapés, tous élaborés à la suite de consultations auprès de ces différentes communautés.

Deux personnes font face à un mur couvert d’œuvres d’art visuel dans une galerie.

« C’est exactement pour ça que nous sommes-là. »

Si Workman Arts autonomise les artistes, il s’est également donné pour mission de redéfinir la perception de la société en matière de santé mentale et de dépendance. « Le côté public de notre action consiste à lutter contre la stigmatisation et la discrimination », déclare Kelly. L’organisme y parvient grâce à des initiatives de sensibilisation et à des événements ouverts au grand public.

Rendezvous with Madness – festival annuel de la santé mentale considéré comme le plus grand au monde – en est un exemple. Being Scene en est un autre : il s’agit d’une exposition-concours qui présente des artistes établis et émergents. Kelly conserve un souvenir particulièrement ému de l’exposition de l’année dernière.

« Nous avions une artiste qui exposait l’une de ses premières fois. Elle était tout simplement ravie de participer à l’exposition et ne pouvait pas croire qu’un de ses tableaux était accroché au mur. Le soir du vernissage, elle a fini par parler avec quelqu’un de son œuvre – ce qui en soi est extraordinaire. Comme elle, bon nombre de nos artistes ont de la difficulté à s’entretenir avec les autres et à parler de leur art. Ils éprouvent un véritable malaise, et certains artistes évitent même la soirée de vernissage pour cette raison. »

« Cette artiste est venue, a parlé de son tableau, et son interlocuteur a ensuite acheté le tableau. Elle était aux anges. Je ne l’ai jamais vue aussi emballée; elle n’arrivait pas à croire que son œuvre s’est vendue. »

« Assister à ces moments où ils ont accompli tant de choses en une soirée est tellement valorisant. Et c’est à ces moments-là qu’on se dit : “C’est ça, notre raison d’être, c’est exactement pour ça que nous sommes-là.” »

Toutes les photos sont reproduites avec l’autorisation de Workman Arts.

4th Line Theatre : Des histoires locales dont l’attrait dépasse leur cadre

Les petites villes peuvent-elles avoir de grandes histoires? Sans aucun doute. Cela fait presque 30 ans que 4th Line Theatre célèbre la vie des Ontariens en région rurale tout en générant d’importants revenus touristiques.

Pour cette compagnie de théâtre, tout commence en 1990, lorsque le dramaturge, acteur et metteur en scène Robert Winslow hérite de la ferme dont sa famille était propriétaire depuis 180 ans à Millbrook, dans le canton de Cavan-Monaghan. Winslow était très attaché à la propriété, mais n’avait pas les fonds nécessaires pour faire fonctionner une ferme. Il a alors conçu un plan original sur lequel il s’est expliqué dans une interview accordée en 2011 au Northumberland News : « Pour garder la ferme, j’ai eu l’idée de monter une compagnie de théâtre. »

Winslow travaillait déjà à une pièce de théâtre située à Cavan-Monaghan dans les années 1800, pièce qui portait sur les conflits historiques entre les pionniers catholiques et protestants de la région. En transformant la ferme en théâtre, il a pu situer et mettre en scène localement The Cavan Blazers, première pièce de 4th Line Theatre, créée en 1992.

Kim Blackwell – qui était à l’époque régisseuse générale de la compagnie et en est maintenant la directrice artistique – se souvient : « Nous ne savions pas si quelqu’un viendrait, et nous avions six représentations de programmées. » Les six représentations se sont toutes vendues, et la durée du spectacle a été prolongée à six semaines. « À partir de là, poursuit Blackwell, nous avons regardé autour de nous et nous nous sommes dit : « C’est peut-être viable. On devrait penser à raconter d’autres histoires de la région. »

Refléter le cœur et l’esprit de la communauté locale

Près de trois décennies plus tard, 4th Line Theatre continue de recueillir et de transmettre les histoires de générations d’Ontariens du sud-est de la province. Et Blackwell de remarquer : « Très souvent, les gens me disent : « Je n’arrive pas à croire qu’une petite ville comme Millbrook ait autant d’histoires à raconter. Ce que je veux dire, c’est que nous avons déjà passé 28 saisons à le faire. » Et je leur réponds toujours : « Dans chaque petite ville de la province, il y a des gens extraordinaires qui y ont vécu et travaillé. »

Ce que 4th Line a compris très tôt, c’est l’importance de célébrer la population et les traditions locales. « Nous, les Canadiens, ne célébrons pas nos héros, contrairement à d’autres pays », explique Blackwell.

Ce qui est tout aussi important, c’est que 4th Line reconnaît que les gens qu’il met en scène ne sont pas seulement des personnages, mais aussi des proches et des membres de la communauté dont les histoires ont souvent été passées sous silence. « Notre activité artistique touche profondément notre public, ajoute encore Blackwell. Bien souvent, l’histoire que nous racontons est celle de gens qui font partie de l’auditoire, ou celle de leurs parents. »

Des acteurs et des actrices en uniforme de l'Aviation royale canadienne à l’époque de la Seconde Guerre mondiale plaisantent près d’un chariot à café dans la pièce Bombers: Reaping the Whirlwind, produite par 4th Line Theatre.

« Ce que le Conseil des arts de l’Ontario a compris, c’est notre nature communautaire »

Une des raisons qui caractérisent le travail de 4th Line, c’est l’accent que la compagnie met sur la communauté – et c’est aussi une des raisons pour lesquelles le Conseil des arts de l’Ontario a soutenu son travail depuis le début. « Alors que d’autres bailleurs de fonds avaient de la peine à comprendre ce que nous faisions, le Conseil des arts de l’Ontario ne cessait de nous encourager, explique Blackwell. Dès le début, il a compris et a soutenu notre nature communautaire. Si nous sommes sur le point d’entamer notre 28e saison, c’est en grande partie grâce à ça. »

L’histoire est peut-être locale, mais le public ne doit pas forcément l’être

Il est évident qu’aucune compagnie de théâtre ne peut en arriver à 28 saisons sans un public enthousiaste – et les innombrables fans de 4th Line ont transformé la communauté en une destination touristique. Chaque été, plus de 17 000 personnes se rendent dans la région de Millbrook-Cavan, et la grande majorité d’entre elles viennent – et reviennent – pour l’expérience que leur offre la compagnie de théâtre. « Beaucoup de gens de l’extérieur de la région, après être venus une fois, sont séduits et reviennent chaque été », dit Blackwell.

Le saviez-vous? Les touristes artistiques et culturels en Ontario dépensent plus et séjournent plus longtemps : en moyenne, ils dépensent deux fois plus que les touristes ordinaires (667 $ par séjour contre 374 $) et restent plus d’une nuit supplémentaire (4,4 nuits en Ontario contre 3,1).

Source : Profil du tourisme artistique et culturel en Ontario, 2012

Le tourisme a des retombées qui dépassent largement le cadre de la ferme : il stimule le magasinage, la restauration et le secteur de l’accueil. Ce ne sont pas seulement les spectateurs qui contribuent à l’économie locale : « La communauté explose en été, remarque Blackwell, avec plus de 100 acteurs, techniciens, créateurs et acteurs bénévoles. »

Assis à l’extérieur, l’auditoire lève les yeux pour regarder un acteur qui joue sur une scène surélevée à côté d'une grange.

« Quelque chose d’incroyable qui se passe directement chez eux »

Les membres de la communauté ne profitent pas seulement du spectacle sur le plan économique – ils font souvent eux-mêmes partie du spectacle. « Ce qui est unique à propos de 4th Line, c’est que nous mettons des acteurs professionnels sur scène avec des bénévoles de la communauté. Et les bénévoles de la communauté ne sont pas seulement des figurants – ils ont des rôles vraiment importants, explique Blackwell. Nous avons des acteurs bénévoles qui participent aux spectacles chaque été depuis des décennies – ça transforme vraiment leur vie. »

Même pour les gens de la région qui ne sont pas directement impliqués dans 4th Line, le théâtre est perçu comme une source de fierté. Comme le fait remarquer Blackwell : « Je sais que beaucoup de gens qui reçoivent des visiteurs en été leur disent : « Nous devons absolument vous emmener à 4th Line » – cette chose incroyable qui se passe directement chez eux. »

Pourquoi un financement stable est essentiel

Le financement du Conseil des arts de l’Ontario a été déterminant pour le travail créatif et les activités de 4th Line – ce qui, à son tour, a des effets d’échos à Millbrook et au-delà. Blackwell note que la subvention de fonctionnement pluriannuelle a donné à 4th Line une assise solide sur laquelle la compagnie peut se développer. Elle ajoute : « Sans le soutien du Conseil des arts de l’Ontario, je doute sérieusement que le théâtre existerait aujourd’hui. Et si c’était le cas, nous serions en train de boiter. »

« La subvention de fonctionnement du CAO nous a permis d’avoir un organisme stable que d’autres compagnies admirent. Je connais des organismes qui n’ont pas accès à ce niveau de financement et pour qui la stabilité pose problème. Ce que le CAO a donné à notre organisme, qui en est maintenant à sa troisième décennie, c’est la stabilité. »

Trois enfants en costume courent à travers un champ.

Toutes les photos sont reproduites avec l’autorisation de 4th Line Theatre.

Near North Mobile Media Lab : favoriser la créativité et les carrières

Imaginez un peu : vous avez 17 ans et vivez à Timmins, une ville de 40 000 habitants du nord-est de l’Ontario. Vous venez de voir le dernier film de Marvel dans votre cinéma local, et vous êtes complètement stupéfait par la cinématographie et les effets spéciaux. Vous aimeriez bien savoir comment tout cela marche et même essayer de faire votre propre film, mais, pour faire de ce rêve une réalité, il faut des logiciels et de l’équipement que vous n’avez pas les moyens d’acheter et auxquels vous n’avez pas accès.

C’est ici qu’intervient Near North Mobile Media Lab – un organisme qui aide les artistes médiatiques, les cinéastes et les étudiants du nord-est de l’Ontario à accéder aux outils dont ils ont besoin pour produire et présenter des œuvres médiatiques contemporaines de pointe.

Sur la route pour les artistes médiatiques

Near North Mobile Media Lab a vu le jour en 2004 sous la forme d’un collectif informel d’artistes médiatiques de North Bay qui partageaient du matériel et collaboraient à des projets. Quand ils se sont rendu compte que les artistes et les cinéastes du nord-est de l’Ontario avaient du mal à accéder aux outils nécessaires et à d’autres ressources, ils ont décidé d’étendre leurs activités et de se constituer en organisme sans but lucratif.

Near North a accumulé un stock d’équipement de location (caméras, ordinateurs avec suites de montage, matériel de sonorisation, etc.) et a commencé à offrir des activités à ses membres locaux. Mais pour vraiment desservir le Nord-Est – vaste région géographique où les collectivités sont séparées par de grandes distances – il leur fallait une solution ingénieuse.

C’est ici qu’il faut souligner l’adjectif mobile qui qualifie le studio de Near North – une remorque équipée d’un ensemble d’outils pour les artistes des régions isolées. Environ une décennie plus tard, la remorque a été remplacée par une caravane réaménagée où jusqu’à quatre artistes peuvent travailler en même temps. Le studio mobile peut prendre en charge une production cinématographique complète, du tournage au montage – un véritable exploit pour un seul véhicule.

Vue extérieure de la caravane réaménagée de Near North Mobile Media Lab.

Near North a commencé à recevoir une subvention de fonctionnement du Conseil des arts de l’Ontario en 2008, en partie en raison des moyens novateurs qu’il a trouvés pour répondre aux besoins du nord de la province. Holly Cunningham, directrice générale de l’organisme, explique : « Lorsque Near North a réussi à obtenir une subvention de fonctionnement du Conseil des arts de l’Ontario, c’était vraiment le point de départ de la croissance et de la stabilité de l’organisme. »

« Ils ne parvenaient pas à mettre le pied dans la porte »

En 2013, Near North a entrepris des consultations sur la façon d’accroître les activités des arts médiatiques dans le nord de la province. Un thème commun s’en est dégagé : « Ce que toutes les collectivités nous ont dit, c’est qu’il n’y avait pas assez de programmes pour les jeunes et que ces derniers ne parvenaient pas à mettre le pied dans la porte », signale Cunningham.

Cette réaction a conduit à la création de Digital Creator North – un programme destiné aux 14-21 ans dans six collectivités du nord de l’Ontario (Temiskaming Shores, Elliot Lake, Timmins, Sault Ste. Marie, Kenora et Sioux Lookout) qui explore les médias numériques, la réalisation de films et la conception sonore. « Notre objectif était essentiellement de leur donner des outils et de leur permettre de créer des œuvres médiatiques comme bon leur semble », ajoute Cunningham.

Il n’y avait aucune garantie de succès. « Lorsque nous avons lancé le projet, nous ne savions pas combien d’adolescents seraient intéressés par nos programmes, poursuit-elle. Nous n’étions même pas sûrs qu’ils viendraient. En fait, plus de 2 000 jeunes se sont présentés chez nous au cours des trois dernières années. C’est plutôt incroyable. »

Incroyables aussi sont les créations qui ont commencé à voir le jour grâce à ce programme. « Certaines de ces œuvres étaient époustouflantes, affirme Cunningham. Bon nombre de ces jeunes du Nord, qui se considèrent comme des consommateurs de médias numériques, créent maintenant des œuvres numériques. Ils font des courts métrages incroyables, ils enregistrent de la musique, et je pense qu’il s’agit vraiment pour eux de trouver leur identité. »

Des jeunes qui participent au programme sont assis autour de tables et travaillent sur des ordinateurs.

Liens avec l’industrie cinématographique du nord de l’Ontario

Si Digital Creator North offre aux jeunes du nord de l’Ontario une occasion importante de s’exprimer, les possibilités ne s’arrêtent pas là.

Depuis l’instauration du crédit d’impôt de la SGFPNO (Société de gestion du Fonds du patrimoine du Nord de l’Ontario), la région de North Bay est devenue le centre d’une industrie cinématographique florissante. Comme le souligne Cunningham, le secteur des arts médiatiques de North Bay a contribué à faire de la région « un environnement dans lequel ce genre d’industrie pouvait prospérer, car nous avions un réservoir de talents, un collectif des arts médiatiques et un festival du film particulièrement actif ».

Par conséquent, ceux qui terminent les programmes de Digital Creator North peuvent utiliser leurs nouvelles compétences de différentes façons – en devenant des artistes médiatiques, en travaillant dans l’industrie cinématographique, ou les deux. « Nous avons vu des jeunes de 17 ans devenir des artistes médiatiques, faire leur premier spectacle et être embauchés par des compagnies cinématographiques en été », indique Cunningham.

Near North ne tient cependant pas pour acquis que ces débouchés s’ouvrent à l’échelle locale. Et Cunningham de préciser : « En fait, un de nos objectifs est d’inciter les jeunes à rester dans la région, parce que les jeunes constituent la prochaine génération de créateurs. C’est très important qu’ils contribuent à leur propre communauté et qu’ils y travaillent. »

Le saviez-vous? Le secteur des arts sans but lucratif sert souvent de tremplin pour les artistes qui mettent aussi leurs compétences et leur expérience en pratique dans le secteur commercial. Les organismes artistiques sans but lucratif, qui offrent à la main-d’œuvre du secteur créatif une formation et la possibilité de développer des compétences et des publics, font ainsi partie de la recherche-développement pour le secteur culturel.

Les organismes artistiques qui reçoivent une subvention annuelle du CAO jouent un rôle clé dans la formation de cette main-d’œuvre « transfuge » en fournissant du travail à 37 800 artistes et en assurant chaque année la formation et le perfectionnement professionnel de plus de 108 000 travailleurs du secteur créatif.

Source : Données réelles pour 2015-2016, tirées des demandes de subvention de fonctionnement présentées au CAO/CADAC en 2017-2018 par 477 organismes.

« Si nous n’avions pas reçu cette subvention, le laboratoire des médias n’aurait pas progressé comme il l’a fait »

Accroître l’accès, combler les divisions géographiques, habiliter les jeunes – ce ne sont là que quelques-unes des façons dont le travail de Near North a un effet d’écho dans le nord de l’Ontario. Et le financement public, par l’entremise du CAO, fait partie de ce qui rend tout cela possible. 

« Si nous n’avions pas obtenu cette subvention de fonctionnement du Conseil des arts de l’Ontario, le laboratoire des médias – qui a commencé dans le sous-sol de la galerie d’art publique et a désormais un effectif de huit personnes et une programmation continue – n’aurait pas connu la même croissance, souligne Cunningham. Notre succès remonte à l’obtention de cette première subvention, qui nous a vraiment permis de continuer à être l’organisme dont notre communauté avait besoin. »

Affiche pour Near North Mobile Media lab.

Toutes les photos sont reproduites avec l’autorisation de Near North Mobile Media Lab.

© Conseil des arts de l’Ontario 2020 - 2021.

Le haut de la page     Remerciements     Déclaration de confidentialité       Conditions